Famille à L.A.

Bourse scolaire à Los Angeles, la vérité sur un système opaque

L’omerta plane sur les bourses scolaires à Los Angeles. Qui touche combien? La vérité sur un système qui nourrit tous les fantasmes.

Lorsque vous quittez la France, vous découvrez souvent que l’éducation dans le monde est très inégale et qu’elle peut coûter cher. C’est le cas aux États-Unis et Los Angeles ne fait vraiment pas exception avec des établissements français dont le tarif mensuel démarre à 2.000$ par enfant. Oui, vous avez bien entendu! C’est plus qu’un salaire français et ça ne comprend ni les manuels scolaires, ni la cantine. Mais alors comment faire pour offrir à sa progéniture une éducation dans la langue de Molière sans brûler son PEL?

Si rester dans un système homologué est primordial pour vous, vous devrez mettre la main au porte monnaie, à moins d’avoir négocié la prise en charge de ces frais avec votre employeur (comme c’est souvent le cas dans les contrats d’expat de courte et moyenne durée). Plus de 75% des français qui placent leur enfant dans une des écoles françaises de Los Angeles (en particulier le Lila) paient le plein tarif. Ils paient 100% des frais de scolarité, comme les américains le font. Pour les autres français de la région, environ 25%, il y a des aides.

  • La bourse scolaire du consulat: une bourse est accordée aux enfants français sur base des revenus. Elle est versée directement à l’établissement et s’élève le plus souvent à quelques milliers de $.
  • Les aides financières exceptionnelles: au cas par cas, l’école peut mettre en place des réductions de quelques centaines à milliers de dollars par an. Système à discrétion.
  • La réduction pratiquée pour les membres du personnel : enseignants comme personnels encadrants du Lila et du Lycée français peuvent accéder à une réduction spéciale. Au Lycée français on parle de -25% en moyenne (sans distinction). Au Lila, cela va de 0 à -90% (réduction maximale) selon les revenus du ménage et le statut de la personne.

Ainsi, sur une classe de 20 élèves en établissement français à Los Angeles, on peut s’attendre à trouver:
– 14 américains (ou nationalité diverses) payant le plein tarif,
– 3 français payant aussi le plein tarif,
– 2 français bénéficiant d’aides partielles (en moyenne un rabais de quelques milliers de $ sur l’année).
– 1 français bénéficiant de la presque gratuité due au fait que ses parents sont tous deux en contrat avec l’école (profs) ce qui les favorise dans le calcul des aides.

Un calcul complexe:
Pour obtenir une aide financière, il faut constituer un dossier très complet et l’envoyer dans les temps impartis (généralement tout début du printemps). Avoir de fait, un historique (impôts, revenus) sur l’année précédente. Il faut être locataire de son logement (ou justifié d’un acquis immobilier inférieur à 250K). Sur les comptes, il ne faut pas avoir plus 100K (plan retraite et assurance comprises). Vient ensuite un savant calcul prenant en compte les ressources diverses et le nombre d’enfants : Qp = [ (Q x 100) / 1101) x 0.89 (je sais, je suis vache de vous balancer la formule à la figure).

Vous trouverez le détail du calcul à faire sur le site du consulat (je vous recommande le site du consulat de Miami, plus clair en la matière). Afin de vous épargner un bon quart d’heure de maths, résumons les choses: obtenir la prise en charge totale des frais des scolarité dans une des écoles françaises de Los Angeles est théoriquement possible mais dans les faits, irréalisable. Primo, les frais de scolarité à LA dépassent le plafond de l’AEFE (compter grand minimum 20K pour un maximum d’aide n’excédant pas les 15K). Secundo, Le niveau de revenus à déclarer, combiné au contexte (enfants à charge, système ultra libéral) revient à dresser le portrait d’une famille en grande précarité. A ce stade, mieux vaut retourner vivre en France (pour toutes les aides qu’une telle famille pourrait y trouver) ou partir vivre dans une communauté marginale de Salton Sea (pour toutes les aides qu’une telle… nan je rigole).


Ainsi, sur la centaine de bourses accordées par la région (sud de la Californie) on obtient toujours sensiblement le même type de profil: familles nombreuse (souvent 3 enfants), ou mono-parentale (divorce mettant en difficulté temporairement la maman), revenus annuels inférieurs à 100K brut, peu ou pas de patrimoine, locataires de leur logement, pour une bourse accordée de 1.000 à 5.000$ (donc reste à payer plus de 15K de sa poche).

Ces famille boursières ne vivent donc pas sur l’or et font, à leur échelle, un sacrifice certain pour payer le restant à charge qui permet de scolariser leur enfant dans le système français local. Enfin, à titre informatif, l’affectation des bourses se fait par un logiciel de l’AEFE. Une commission peut intervenir sur réclamation mais l’automatisation est de nos jours généralisée. En 2019, la plupart des dossiers présentés ont donné droit à une bourse partielle (sur 126 dossiers déposés, 93 ont reçu une réponse favorable en 1ère commission). La très grande majorité des français installés à L.A. font néanmoins sans: ils privilégient l’enseignement local gratuit, ou ont des revenus qui dépassent tout simplement les critères.

Il se murmure que certains indépendants profitent du système en bidonnant leur feuille d’imposition ou en cachant leur patrimoine mais que voulez-vous, on reste français avant tout!

Pas convaincu ou pas éligible à la bourse scolaire? Retrouvez ici la liste complète des établissements publics gratuits qui offrent un enseignement bilingue français/anglais à Los Angeles.

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