Ahhh le rêve!!! Vous vous y voyez déjà: les palmiers, la piscine, le cabriolet, le bronzage à l’année et ces photos Facebook qui vont rendre vert de jalousie tous vos collègues de Cergy Pontoise… Partir pour s’installer à Los Angeles n’est pas un petit projet mais si en plus, vous ambitionnez de le faire en famille, il va vous falloir de l’organisation. Pour changer de vie, suivez le guide!
1/ TROUVER UN PERMIS DE TRAVAIL
C’est le sésame du rêve américain, la condition première et absolue à tout projet de déménagement aux États-Unis: le visa travail. On l’oubli souvent quand on vit en Europe, dans l’espace Schengen, mais l’Amérique à des frontières fermées et n’accepte qu’une immigration choisie. En clair, le simple désir de s’installer aux États-Unis ne permet pas de pouvoir venir y vivre. Désolé.
Mais alors comment faire? Vous n’êtes pas américain? Vous n’avez pas la double nationalité? Dans ce cas, il va falloir venir par ou pour le travail (immigration choisie). Cela ne s’improvise pas : il vous faudra monter un dossier avec avocat pour pouvoir déménager, ce qui prend plusieurs mois et coûte plusieurs milliers d’euros/dollars. En dehors du cas rare (1 à 2% de chance chaque année) où vous gagnez à la loterie une green card (la carte verte est un permis de travail valable 10 ans, une loterie gratuite à lieu tous les ans sur internet), il vous faut trouver une entreprise sponsor. Les États-Unis n’accordent de visa travail qu’aux investisseurs, aux travailleurs hautement qualifiés, aux étudiants, à certains stagiaires, aux artistes et globalement, aux profils rares sur le sol américain et qui correspondent à une demande spécifique (exemple: professeur de français, chercheur en biochimie, pâtissier reconnu, mannequin dans une grande agence, grand sportif, businessman accomplie, etc). Il existe plusieurs types de visas selon les cas, les profils, les entreprises mais globalement on peut dire que pour pouvoir en obtenir un, il faut avoir un bon CV, porté sur l’international, l’excellence et certains secteurs particulièrement recherchés (restauration, art, business, recherche, luxe, technologies, tourisme…).
Si vous êtes simple employé de bureau, vendeur, serveur, nounou, chauffeur de bus, ou tout autre métier qui ne correspond pas à un manque identifié aux U.S.A., vos chances d’obtenir un visa sont très limitées. Sans qualification particulièrement intéressante pour L.A., vos options sont les suivantes: gagner une carte verte à la loterie (rare et aléatoire), proposer un projet comme entrepreneur (nécessite un plan construit et un investissement de plusieurs dizaines de milliers de dollars à la banque), ou vous voir proposer une mutation au sein d’un groupe international qui dispose déjà d’une filiale sur place). Pas simple, vous l’avez compris: ici s’arrête le rêve pour beaucoup de gens chaque année…
La question du travail et donc du visa est déterminante à tout projet d’installation à Los Angeles. Chaque cas est unique et pour cette raison, le mieux est toujours de bien vous renseigner et d’appeler un avocat spécialisé dans le domaine. Dans tous les cas, sans exception, déménager aux États-Unis ne peut pas se faire sur un coup de tête et nécessite plusieurs mois de paperasse et d’économies. J’ajoute qu’un visa ne peut quasiment jamais être délivré sans un rendez-vous à l’ambassade de votre pays. Autrement dit, il n’est pas possible de venir à L.A. en tant que touriste et espérer y rester après avoir décrocher un travail sur place.
ATTENTION: Beaucoup de français pensent pouvoir s’installer librement aux États-Unis. C’est impossible. Le « visa touriste » appelé ESTA n’est qu’une sorte de laissé-passé pour tourisme, valable pour une durée de 3 mois maximum. Il ne permet pas de travailler, ni de passer le permis, ni d’ouvrir un compte bancaire, et encore moins d’obtenir un « social sécurity number », numéro individuel essentiel à la majeur partie des démarches administratives et officielles aux USA. Au delà de 3 mois, les touristes sont tenus de rentrer chez eux au risque d’être sanctionnés pour « overstay », un motif d’expulsion immédiate qui s’additionne de l’interdiction de remettre les pieds aux États-Unis pour de longues années. Si braver l’interdit vous tente malgré tout, réfléchissez aux conditions de vie qui vous attendent vous, et votre famille: un salaire « au black »dans des conditions précaires, ne pas pouvoir voyager (tout vol vers l’international signera votre expulsion définitive du pays), frémir devant la moindre voiture de police, prendre le risque d’être séparé de vos enfants, ne pas pouvoir emprunter à la banque, ne pas pouvoir vous faire soigner correctement, etc. Vous devrez faire les choses dans l’ordre: rentrer en France, appliquer la procédure de visa, puis revenir aux U.S.A..
2/ ORGANISER LE DÉPART AUTANT QUE L’ARRIVÉE
Une fois que votre projet est validé côté travail, reste à s’attaquer à toute la partie logistique. Si partir de la France représente une looonnnnnnnngue liste de points à organiser (vider l’appartement, voir le médecin pour quelques ordonnances, vendre vos meubles, faire suivre votre courrier chez mamie, prévenir les impôts, savoir où dormir la veille du départ, etc), pardon de vous décevoir, mais l’arrivée aux États-Unis ne sera pas moins fatigante. Il faudra vous attendre à avoir beaucoup de choses à mettre en place.
- ouvrir un compte à la banque (pour votre salaire, c’est essentiel – Bank of America est souvent la plus accueillante pour les nouveaux arrivants)
- obtenir un « social security number » auprès d’un bureau de la Social Security (c’est important pour votre vie administrative, les impôts, etc)
- acheter une carte de téléphone (vous avez besoin d’internet pour vous repérer et d’un numéro pour être joignable)
- louer une voiture (en famille il est peu probable que vous puissiez survivre avec Uber et les transports en commun)
- passer le permis (vous avez 3 mois de grâce après quoi, vous devrez passer code et conduite dans un DMV – facile, pas cher, mais chiant)
- vous familiariser avec la ville (vous avec l’équivalent de tout le bassin parisien à découvrir)
- trouver de logement (cela se fait par soi-même en consultant les sites immo qui centralisent tout sur internet)
Aux États-Unis, les locations se font beaucoup à l’année (12 mois fixes, sans possibilité de partir avant) et s’obtiennent sur base d’un historique bancaire américain (le fameux « credit score ») qui renseigne les propriétaires sur votre fiabilité. Lorsque vous arriverez de France, vous n’aurez ni ancienneté dans votre travail à L.A., ni historique bancaire, ni rien qui rassure vraiment un propriétaire. En clair, vous serez un « dossier à risque » et pour cette raison, il y a fort à parier qu’on vous demande d’avancer jusqu’à 3 loyers en plus de la caution. Ajoutez à ça que la plupart des logements sont loués vides (l’électroménager est compris mais il n’y a aucun meuble), cela fait beaucoup de dépenses d’un coup. Les expatriés prennent généralement un logement temporaire type hotel ou Airbnb pour leurs premières semaines à L.A.. Dans tous les cas, ils mettent plusieurs milliers voire dizaines de milliers d’euros de côté pour leurs frais d’installation et imprévus (logement, voiture, meubles, pépin divers, etc). Concernant la location, il est parfois possible de louer au mois mais cela reste rare et une location standard ne peut en aucun être conclu à distance. Prenez garde aux très nombreuses arnaques du site Craigslist et arpentez plutôt le marché via les sites immobiliers sérieux que sont Zillow.com, Realtor.com et Trulia.com.
3/ METTRE LES ENFANTS A L’ÉCOLE
Tout le monde vous dira qu’à Los Angeles, il est important de choisir son logement en fonction de son lieu de travail. Je suis d’accord, mais la question de l’école est aussi primordiale. Avec des enfants qui débarquent de France, on ne fait pas n’importe quoi, sans parler du cadre de vie qui a son importance.
Aux États-Unis, l’enseignement publique n’est obligatoire qu’à partir de 5 ans. Avant 5 ans, un enfant est donc soit à la maison, soit chez une nounou, soit dans une maternelle privée. Ces 2 dernières options ont un coût, entre 1000 et 3500$ pour un plein temps et par enfant. A partir de 5 ans, l’enfant doit être scolarisé. Hallelujah! Les écoles publiques sont gratuites mais malheureusement, de qualités très inégales. Elles reçoivent une note, généralement de 0 à 10 (consultables partout en ligne, et souvent visible dans les annonces immobilières) et fonctionnent sur le système de l’attribution par secteur scolaire. Il est donc judicieux d’être attentif à cela lors de vos recherches de logement. Évidement, attendez-vous à devoir payer bien plus cher une adresse associée à une très bonne école publique. Les inscriptions se font au début du printemps et la rentrée scolaire a lieu vers la mi-aout mais un enfant arrivant en cours d’année peut théoriquement intégrer l’établissement qui lui est rattaché.
Si vous préférez mettre vos enfants en école privée pour outre-passer la question du secteur scolaire ou rester dans un enseignement français, il vous faudra alors payer potentiellement très cher (c’est d’ailleurs un choix minoritaire chez les expats français à L.A.). Les écoles privés sont toutes très onéreuses, 2000$ par mois et par enfant en moyenne de 3 à 18 ans. A titre informatif, une année au Lycée français à un niveau Terminal coûte 28 000$. Oui, vous avez bien lu! Ça fait cher le BAC et les bourses, très difficiles à obtenir, ne couvriront qu’une petite partie de la somme à débourser.
Je vous conseille de lire attentivement la page info du consulat. Vous y trouverez la liste des établissement homologués, le fonctionnement des bourses, et un tas d’autres conseils avisés pour les parents français qui envisagent d’habiter à L.A. en famille.
CONCLUSION: Vivre en famille à Los Angeles est une aventure unique! Si vous voulez transformer votre rêve en réalité, il vous faudra bien le préparer, être réaliste et appliqué. D’abord, réfléchissez à la question du travail: avez-vous le profil nécessaire à l’obtention d’un visa? Si vous n’êtes pas certain de la réponse, étudiez la question avec un avocat et documentez-vous sur les différents type de visas existants. L’immigration aux U.S.A. n’est pas donné à tout le monde. Ensuite, renseignez-vous bien sur le coût de la vie, le système scolaire, les loyers, la retraite, la santé, etc. N’hésitez pas à parler avec des familles qui vivent ici. Même si la ville de Los Angeles peut vous paraître paradisiaque et familière grâce à ce que vous voyez d’elle à la télé, y vivre reste un challenge qui implique des concessions importantes: être loin de la famille, parler anglais, perdre ses repères, n’avoir que très peu de congés payés, devoir beaucoup conduire, accéder moins facilement aux soins de santé, etc. Enfin, envisagez un voyage de reconnaissance (avec ou sans enfant) et commencez à économiser sérieusement car, sans aucun argent de côté, votre rêve pourrait bien s’évaporer.
Bonne route et bonne chance!
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