J’ai fait 15 Paris-Los Angeles (11h), seule, avec ma fille sous le bras, et des vols internes type LAX-JFK (6h). Elle avait 12, 16, 18, 20 ou 24 mois, c’est à dire un âge trop avancé pour dormir dans le berceau et pas assez pour se bouffer 5 fois d’affilé la Reine des Neiges. Le pire âge. A chaque fois, j’ai pensé « plus jamais ça » mais habitant L.A., je n’ai pas d’autres choix.
Voilà les astuces que j’ai retenues. Âmes sensibles, passez votre chemin.
1. Voyagez de nuit.
Ma môme ne fait quasi pas la sieste et dès lors qu’elle a su marcher, l’avion est devenu un parc d’attraction géant. Passez 11 heures le dos cassé à essayer de retenir les hardeurs d’un truc de 80cm qui a soif de découverte et vous comprendrez: bébé veut crapahuter, lécher les accoudoirs, toucher à tous les boutons (surtout les rouges sur les portes de secours), ouvrir les placards interdits, ramper entre les pieds des gens,… Les vols de jours sont plus fatiguant alors évitez les autant que possible.
2. Beaucoup de snack, biberon et autres comfort food.
En avion, pas la peine de commencer un rééquilibrage alimentaire. Vous n’avez pas la force mentale, pas le matériel, et aucun de vos voisins de cabine n’a envie de se recevoir un morceau de brocolis sur sa tablette. Pour la paix du voyage, c’est chips à volonté. Et jus de fruit. Et cookies. Et biberon, bien entendu. Prévoyez trop, et sortez ça au fur et à mesure sans dévoiler tout de suite votre arsenal. Notez que, voyageant avec un enfant, vous avez parfaitement le droit de faire passer en cabine des liquides, petits pots, plats, compotes, le tout au delà des sacro-saints 100ml autorisés. Cela vous retardera juste un peu au moment des scannes (check-up sécurité à l’aéroport), chaque produit pouvant être inspecté par un agent. A LAX comme à CDG, je n’ai jamais eu aucun problème.
3. Des jeux et encore des jeux. Un enfant dont on compte encore l’âge en mois a généralement la capacité de concentration d’un teckel. Ne pensez pas le divertir plus de 10 minutes par activité. Il faut prévoir une dizaine d’animations pour espérer l’occuper 1h30: coloriage, pliage, autocollants, pâte à modeler, voiturette, marionnette à doigts, petit livre, Duplo, Little People, mini ardoise magique, gommette à coller sur le hublot et pourquoi pas même le front de maman…
4. La promenade hygiénique. 12h assis sur un siège d’avion, pour n’importe qui, c’est insoutenable. Vous, vous faite des varices, et votre môme, devient enragé. Du coup, pas le choix, il faut vous balader au maximum. Donnez-vous des défis invraisemblables du genre faire 10 aller-retour, monter 50 fois les escaliers de l’appareil s’il a deux étages, visiter tous les WC, et si vous y mettez du cœur, vous verrez que ça fonctionne. Passez aussi du temps vers les « cuisines » (espace près des WC), mamans, angoissés et stewards s’y retrouvent systématiquement pour échanger sur le désespoir de leur vie.
5. La pause pipi. Les toilettes du fond sont vos amis, allez y toutes les 2 heures, pour vous, pour vos jambes, pour votre vessie et votre esprit. Même si bébé a la couche propre changez-le: c’est toujours 10 minutes de tuées. Ces WC deviendront vite votre sas de décompression, votre annexe. Le miroir et le robinet sont d’un intérêt majeur pour l’enfant mais surtout, c’est le lieu idéal si vous avez besoin de lui rappeler qui est le chef. L’insonorisation est quasi totale pour lui passer un savon quand nécessaire. Enjoy!
6. La tablette. Je conseille assez vivement l’achat d’une petite tablette Android type Fire d’Amazon. Ça ne coûte pas bien cher (j’ai eu la mienne neuve pour 50€) et c’est largement plus approprié que les télés d’avion qui proposent des films trop longs et des jeux incompréhensibles (à toutes fins utiles je rappelle qu’un toddler aime taper sur l’écran, qui se situe malheureusement dans le dos du passager de devant…). Télécharger des jeux très basiques, des applications de dessin, des photos d’animaux, des dessins animés inédits et soyez impliqué voir active dans ce qu’il regarde. Vous n’espériez quand même pas vous mater un bon film pendant ce temps là?
7. Le sirop magique. A une époque, on ne se privait pas d’assommer les gamins chiants. Aujourd’hui, votre médecin vous prescrira 5 billes d’homéopathie et une copine vous parlera de la lavande dans le biberon… On peut croire en bien des choses, et selon les cultures et les époques il se « pratique » toutes sortes de méthodes… Pour ma part, je vais être complètement claire: rien n’a jamais marché sur ma fille. Mais si vous habitez aux États-Unis alors vous entendrez peut-être parler du Children’s Benadryl (en vente sans ordonnance) qui équivaut un peu au Primalan en France. Théoriquement réservé aux enfants à partir de 6 ans, ce sirop goût cerise lutte contre les allergies et auraient un pouvoir légèrement assommant. Note: demandez impérativement l’avis de votre pédiatre.
8. Voyagez léger! Oui, il vous faudra une petite couette, le doudou, le change, la bouffe, les couches, la tétine, les biberons, les jouets… Oui! Et tout ça doit pouvoir rentrer dans un sac à dos et vous laisser les bras libres pour plier la poussette, pousser le chariot à valise, changer la couche, présenter des passeports ou porter bébé qui ne veut ou peut pas marcher. Souvenez-vous que l’aéroport reste un lieu d’aventure, or personne de censé ne part en expédition avec un sac à main de luxe. Si vous n’avez pas de sac à dos, prenez un grand cabas en plastique porté épaule ou un sac de plage XL. Laissez dans la valise TOUT ce qui ne vous sera pas impérativement nécessaire. Personnellement, je garde mon portable, mes clefs, mon portefeuille, un chargeur, un Nurofen, deux chewing-gum et BASTA, le tout dans une sorte de grande trousse. Tout le reste concerne bébé et est organisé en sacs plastiques. N’oubliez pas non plus que la nourriture et les couches seront « consommées » pendant le trajet donc vous devriez être plus légère à l’arrivée.
9. Le look ou la vie. Vous avez déjà vu les stars prises en photo à la sortie des aéroports? Elles sont en pyjama et pourtant, elles volent la première classe. Vous qui voyagez en classe éco avec un enfant dans les bras, rendez-vous service et oubliez le jean slim. Il vous faut: un gros sac à dos à compartiments, des bas de contention, des chaussures qui s’enlèvent et s’enfilent sans les mains et un gros pull pour servir d’oreiller ou couette à bébé quand il a froid. Ça c’est la base. Côté look, je conseille donc t-shirt à motifs (pour cacher les taches), leggings mou, jupe longue ample ou jogging, avec des grosses chaussettes et des claquettes. Personne ne vous draguera mais en même temps, vous n’êtes pas là pour ça. Le sac banane ou la pochette en bandoulière reste une option et si vous avez honte, prévoyez une paire de lunette de soleil – ça cachera vos cernes.
10. La poussette ultra compacte ou le porte-bébé. Si vous êtes un voyageur régulier, songez à cet achat qui est d’une aide précieuse dans les zones duty free, les longs couloirs pour aller récupérer les valises ou en correspondance. Un porte-bébé est génial pour les nourrissons, et une poussette sera rentabilisée sur plusieurs années (Yoyo de première main ou occasion).
11. Choisissez vos sièges!!! Prenez votre destin en main. Avec un bébé sur les genoux, vous devenez prioritaire sur les premières rangées avec bassinets (pas de hublot, télé dans l’accoudoir, mais espace aux jambes). Malheureusement, ces sièges partent vite! Mieux vaut appeler la compagnie pour être sûre de pouvoir y avoir accès. Idem si vous voulez acheter un siège à un enfant de moins de 2 ans (par internet c’est souvent infaisable mais le service client peut vous arranger ça au téléphone). Enfin, sur certains appareils, il existe des sièges préférentiels, et à prix presque égal, le confort varie beaucoup alors usez et abuser du site Seatguru pour dénicher les perles rares!
12. Organisez-vous. Vous avez la chance d’embarquer avant tout le monde. Mettez ce temps à profit pour faire du rangement et optimiser votre espace. Virer les pubs et magazines de la poche avant et ne garder que le sac à vomis (lui, il peut servir). Tout ce qui ne vous aide pas, doit dégager du secteur. Rangez l’inutile dans les coffres hauts avant que les autres voyageurs arrivent et que la place manque au-dessus de votre tête. Prévoyez un sac plastique par thématique (nourriture, hygiène, perso/important, jouets) et gardez à vos pieds toutes les choses vitales: 2 couches, des mini-lingettes, la tétine, à boire, un snack, un jouet, votre portable.
13. Amadouez tout le personnel. En clair, personne n’aura envie d’aider une fille désagréable alors dès l’enregistrement des bagages, montrez-vous gentille, douce, humble et en léger péril. Ça, ça marche surtout si vous êtes seule ou que vous avez des jumeaux. Les humains face à vous ont le pouvoir de vous exfiltrer des fils d’attente, de vous surclasser, de passer vos valises en prioritaire, fermer les yeux sur vos suppléments bagage, vous aider à installer bébé, jouer avec lui quelques minutes, vous offrir les desserts de la business… Ça ne marche pas à tout les coups, mais jouez là comme ça, dans le doute.
14. Parlez à votre enfant. Ils ont beau avoir 5 dents et ne s’exprimer qu’en onomatopées, les petits comprennent beaucoup de choses. Prenez l’habitude de lui expliquer, plusieurs jours avant, ce qu’il va se passer et ce que vous attendez de lui. Dites lui qu’il va prendre l’avion comme un grand, qu’il devra être sage, rester assis, et ainsi vous serez fière de voyager en sa compagnie pour aller voir papi et mamie. Formez une équipe!
15. Dormez. Si vous observez autour de vous dans un avion, peu importe l’heure, les gens dorment. C’est un réflexe naturel, on se laisse bercer par le bruit blanc et on profite de ce moment un peu hors du temps pour se reposer. Votre enfant lui, est mal installé, il a peur, il a une horloge internet sensible et ressent tout votre stress comme un gros warning potentiel. Alors que faire? Détendez-vous, bercez-le, mettez-le en pyjama, chanter doucement à son oreille en marchant,… En bref, détendez-vous pour le détendre lui, et par la même occasion, détendre tous vos voisins de cabine.
Vous pensiez que ça s’arrêtait là?
Erreur.
16. Le jour d’après. Un vol long courrier induit un gros décalage horaire. Vous allez atterrir le-ssi-vée et bébé mettra entre 4 et 10 jours (selon le sens du vol et la saison) pour retrouver un rythme de sommeil normal. Cela se traduit par des nuits entrecoupées de réveils et des horaires de biberon décalés. Si vous le pouvez, faites vous aider car vous aurez bien mérité de vous reposer! Sur un Paris/Los Angeles ou Los Angeles/Paris, j’ai observé un décalage à l’arrivée de 6h. Ce jetlag a généralement mis 6 jours à s’équilibrer, à raison d’1h par jour.
Bon voyage!!!
